A qui s’adresse la sémiophonie ?

Utilisez par les orthophonistes et les logopèdes, cette prise en charge s’adresse à toutes personnes, de 3 ans à l’âge adulte, présentant des troubles du langage oral et écrit, principalement :
    • la dyslexie
    • la dysphasie
    • les troubles développementaux du langage oral
Elle convient également à d’autres types de troubles mais toujours en ciblant les problématiques liées au langage : aphasie, trisomie, surdité (implants cochléaires)…

Prise en charge en sémiophonie

Une prise en charge standard en sémiophonie se base sur deux types de protocole pouvant varier de 60 à plus d’une centaine de séances mais suivant une même trame. Dans un protocole, les séances sont réunies au sein de phases successives. Une phase est une série de séances avec les mêmes types d’exercices. Adaptabilité du protocole
Le protocole choisi pourra être adapté en fonction de l’évolution du patient. À tout moment, il est possible de modifier les exercices proposés, d’en supprimer ou d’en rajouter. Le renforcement à domicile
Certains exercices peuvent être programmés à domicile. Le patient disposera alors d’un compte où il pourra retrouver les exercices à faire avant la prochaine séance. La télé-orthophonie/logopédie Dans un futur proche, il sera également possible de réaliser des séances en télé-sémiophonie. Le place de l’orthophoniste ou de la logopède dans cette prise en charge
    1. Elle aura préalablement testé le patient afin de pouvoir choisir le protocole adéquate.
    2. Son travail d’observation permettra d’adapter les exercices et le protocole en fonction de l’évolution du patient.
    3. Elle guidera le patient pour qu’il puisse atteindre les objectifs de la prise en charge.
    4. Enfin, elle déterminera par de nouveaux tests la progression du patient.

Principes techniques de la sémiophonie

Le son prosodique
Le son, provenant soit d’un enregistrement audio soit d’un micro, est traité par un algorithme informatique. Ce traitement permet de synthétiser en temps réel un son aigu qui reproduit la courbe intonative et rythmique du son d’origine (voix ou musique pour les enregistrements, voix du patient ou de la praticienne avec le micro).
Ce son est placé sur une piste audio différente de celle de la voix (ou de la musique) permettant, à l’aide d’une table de mixage, de jouer ce son seul ou avec la voix (ou la musique) d’origine. Cela permettra de produire des effets différents selon les exercices proposés.
La segmentation syllabique, phonémique et Lexicale
Il s’agit d’une écoute du son prosodique accompagnée d’une écoute fragmentée et aléatoire de la voix sur une segmentation syllabique, phonémique ou lexicale. Le caractère aléatoire permettra d’avoir des fragments de ces unités langagières afin de rester dans un état de perception et non d’identification des unités de langage entendues.
NB : Seule la voix est découpée, le son prosodique est joué en continu. L’écoute dichotique
Lorsque la piste audio du « son prosodique » et celle de la voix sont écoutées simultanément (c’est-à-dire sur l’ensemble des exercices à l’exception de l’écoute prosodique où seul le son prosodique est écouté), il est possible de dissocier les deux pistes audios en réglant le focus du son prosodique sur l’oreille gauche et celui de la voix sur l’oreille droite. L’oreille droite recueillera la voix, tandis que l’oreille gauche recueillera le son prosodique.
Cette différence de traitement correspond à la différence des fonctions linguistiques des deux hémisphères cérébraux, étant donné que :
  • l’oreille droite correspond au centre neuropsycho-acoustique de l’hémisphère gauche, siège des fonctions segmentales (segmentation, langage, sémantique)
  • l’oreille gauche correspond au centre neuropsycho-acoustique de l’hémisphère droit, siège des fonctions supra-segmentales (prosodie, accentuation).
La boucle audio-phonatoire
Le patient travaille avec un micro casque et lorsqu’il parle, il entend instantanément le « feedback » de sa voix dans son casque accompagnée du son prosodique produit à partir de sa voix.
En sémiophonie, à l’exception des exercices d’écoute prosodique et d’écoute syllabique, phonémique et exicale (pour ces exercices, le micro du patient est coupé), la boucle audio-phonatoire est exploitée dans tous les exercices du protocole, incluant les exercices de lecture et de production écrite.

Exercices et contenus associés

Écouter

Exercices de perception auditive passifs sans consigne particulière.

Écoute prosodique ou ségmentée : Le patient écoute le son prosodique seul ou accompagné d’une segmentation syllabique, phonémique ou lexicale d’un texte enregistré (la voix n’est pas audible). Le micro est coupé.

Écoute musique : Écoute d’un extrait musical accompagné du son prosodique produit à partir de cet enregistrement. Le micro est ouvert et la production orale est libre.

Les exercices d’écoute sont associés à des activités non-langagières permettant de détourner l’attention du patient.

Lire

Exercices de lecture à voix haute, le patient doit lire à voix haute, avec un retour micro de la voix accompagné du son prosodique des logatomes, des mots ou des textes. Ces exercices se déclinent en 4 types d’exercice, allant d’une lecture accompagnée vers une lecture autonome.

Lecture guidée et suivie : lecture à voix haute après l’écoute de l’enregistrement audio correspondant.

Lecture anticipée : Lecture à voix haute avant l’écoute de l’enregistrement audio correspondant.

Lecture Libre : Lecture à voix haute sans accompagnement audio. Le choix du texte est libre.

Parler

Exercices de répétition orale, le patient doit répéter en articulant distinctement des logatomes, des mots ou des textes. Il est également possible de travailler directement avec le patient en utilisant sa propre voix pour la répétition (Répétition libre). Ce sont des exercices non-correctifs, si le patient se trompe ou articule mal, il n’y a pas d’intervention de la praticienne. Il est nécessaire que le patient répète en articulant distinctement et, si ce n’est pas le cas, il doit être rappelé à l’ordre.

Les exercices de répétition oral sont également associés à des activités non-langagières permettant de détourner l’attention du patient et permettre d’automatiser le processus de répétition.

Écrire

Exercices de production écrite. Le patient doit répéter ou lire à voix haute en articulant distinctement et ensuite écrire des logatomes, des mots ou des textes. Ces exercices se déclinent en 3 types d’exercice allant d’une production écrite en copie différée jusqu’à la dictée manuscrite. En fin d’exercice, il est systématiquement demandé au patient de relire à voix haute ce qu’il a écrit.

Copie différée : Simultanément à l’écoute de l’enregistrement correspondant, le texte à écrire s’affiche un certain temps puis disparaît avant la saisie.

Dictée et Dictée manuscrite : Le patient doit écrire à l’écran ou sur papier le texte qu’il entend.

Contenus

Pour chaque type d’exercice (à l’exception de la Répétition libre et de la Lecture libre), des contenus spécifiques sont proposés. Les contenus sont composés d’enregistrements. Hormis pour les exercices d’écoute, ces enregistrements sont segmentés et associés au texte correspondant. Les contenus sont classés par niveau de difficulté (de 1 à 8). Un catalogue est disponible pour aider au choix des contenus. Plus de 600 contenus sont disponibles pour l’ensemble des exercices.